Le traitement thermal de Royat est principalement fondé sur les propriétés vasoactives du gaz thermal, composé de 99,5 % de C02, contenu dans l'eau minérale de la source Eugénie et utilisée en bain ou seulement à sec dans un sac plastique ou, depuis 1931, en injections sous-cutanées.
De tels moyens thérapeutiques n'étant pas applicables au traitement des plaies, nous avons essayé depuis 1983, de les compléter par une nouvelle variété de soins : un jet de gaz soit direct, soit arrivant sous une tente, dans les deux cas son action se faisant sur la plaie avec un mélange d'oxygène de l'air ambiant.
De 1986 à 1988, 7288 séances de ces douches locales de gaz ont été donné (à la main ou par un instrument spécialement conçu) a l'Ftablissement Thermal de Royat renouant avec une pratique déjà utilisée dans les années 20, puis tombée dans l'oubli.
Dans notre étude, 143 plaies furent traitées par les auteurs et par MM. les Drs M. Picard, C. Ambrosi et S. Bonnet. Etaient d'origine artérielle: 80 (suspendues : 49, acrales: 31), veineuses : 13, capillaires: 9, mixtes ou atoniques : 31, et on notait 10 retards de cicatrisation, toutes ayant été préalablement traitées sans succès par les méthodes habituelles. De la même manière, 13 patients avaient subi une capillaroscopie et une mesure de TcPO2 au gros orteil et au bord de la plaie, avant et après le traitement thermal.
L'observation clinique, toutes plaies confondues (143) montrent: 22,2 % de guérison dans des délais variables, 57,30 % d'amélioration, 16,1 % sans modification et seulement 1,4 % d'aggravation. La capillaroscopie est sans changement, tandis que les valeurs de TcPO2 montrent une augmentation significative (P <0,01) de 3+ ou - 4 mmHg. a 3 + ou -5 mmHg. au gros orteil et 16 + ou - 4 mmHg. à 25 + ou - 4 mmHg. au bord de la plaie.
Nous pensons que ce traitement thermal original est capable d'engager la première phase de cicatrisa tion, la phase préparative et aussi de réactiver les traitements préalables jusqu'alors inefficaces.
